Un plan numérique pour le Québec

Claude Faribault, Living Lab de Montréal4068054575_74c4045841_oSouvent, quand on arrive au monde, on n’a pas vraiment conscience de tout ce qui existait déjà l’instant d’avant.

Normal, n’est-ce pas ?

Aujourd’hui, nous sommes tous normaux et plongés dans l’univers numérique pour la première fois.

Commençons à nager.

Nous sommes tous engagés dans le grand plan numérique mondial. Le Québec en fait déjà partie.

Il faut regarder ce qui se passe autour de nous pour comprendre ce qui nous transforme en citoyens du 21e siècle, nous et toutes les autres nations.

Le réseau est l’Empire

Le Québec a créé assez peu de technologies informatiques depuis qu’elles ont pris leur essor à la fin des années 50.

Nous avons été plus souvent acheteurs-utilisateurs, ou intermédiaires-revendeurs, plutôt que concepteurs-innovateurs. En conséquence, nous sommes en déficit commercial sur la scène informatique mondiale.

Nous importons et consommons plus d’appareils, de logiciels et de données que nous n’en produisons pour l’exportation.

Nous pensons la technologie comme une dépense.

Il faut plutôt la voir comme un médium de production et de transmission de connaissances, c’est-à-dire comme une institution.

Le parallèle est exact : nos institutions sont fondées sur l’écriture et la gestion documentaire. La révolution technologique a créé de nouvelles institutions fondées sur le numérique et la programmation informatique.

Cette idée surprend et choque beaucoup de monde.

Elle signifie que nous dépendons maintenant de l’Empire Internet pour notre développement économique, social, culturel et intellectuel.

Comme beaucoup d’autres nations dans le monde, nous sommes un point de distribution dans le grand réseau global. Notre rôle est d’y contribuer le plus généreusement possible.

Si c’est gratuit, vous êtes le produit

Comme la gratuité en éducation, la gratuité de Facebook ou de Google fait partie d’un plan qui nous oblige d’y participer.

Chaque jour, des millions de Québécois donnent à ces entreprises une partie de leur richesse sans aucune contrepartie fiscale.

Ce n’est pas la TVQ versée sur les achats de publicité locale qui peut compenser la capture de données réalisée par ces nouveaux géants.

Pourquoi Facebook et Google ont-elles investi des milliards pour obtenir nos données gratuitement ?

Pour la même raison que nous avons créé le ministère de l’Éducation chez nous.

« Qui s’instruit, s’enrichit ».

Facebook, Google et compagnie apprennent chaque jour qui nous sommes et s’enrichissent d’autant de connaissances sur les gens qui habitent le monde réel.

Ils sont aussi devenus indispensables pour gouverner quoi que ce soit dans le monde.

Les citoyens du 21e siècle

Peu de nations ont compris ce qui se passe aujourd’hui dans leur réseau d’éducation.

L’enseignement n’est plus réservé aux citoyens d’un pays. Il est mondial.

Une nation s’enrichit dans ses écoles et ses universités en apprenant à connaître les hommes et les femmes qui composent sa population.

Elle s’enrichit encore plus en enseignant au monde entier.

Cette institution, l’Éducation, est un outil de recherche et de reconnaissance du talent.

Je ne dis pas « était ».

Son rôle n’est pas fini. Sa capacité n’est pas détériorée. L’Éducation ne manque ni d’argent ni de talents.

Elle manque d’audace et de folie, de volonté et d’innovation.

Un plan numérique pour le Québec ? C’est une bien petite ambition quand il faut trouver le moyen d’éduquer la moitié de la planète qui vient de naître.

L’éducation est toujours à recommencer. Et ce sera pareil dans 50 ans. Et après aussi.

Pour l’instant, l’innovation en éducation est l’enjeu le plus important du siècle. Il faut juste rappeler quelques évidences.

L’éducation ne consiste pas à appliquer un filtre de sélection pour recueillir les meilleurs candidats à la fin du processus.

Ça, c’est une méthode qui crée des perdants en très grande quantité.

La véritable éducation est une méthode qui permet à chacun de choisir une voie qui l’amènera à devenir meilleur qu’il était.

En même temps, elle crée entre les gens des amitiés pour la vie. Et la paix qui vient avec.

L’éducation est une institution, c’est-à-dire un réseau d’information et de compétences. Elle est notre première force et la plus facile à distribuer sur Internet.

C’est d’ailleurs grâce à elle et pour elle que l’Internet est né.

Alors, si le Québec veut contribuer au développement de l’Internet mondial, avoir un plan numérique et tout ça…

Commençons par offrir l’éducation au plus grand nombre possible, à tous les niveaux et dans tous les domaines, sous toutes les formes numériques présentes ou à venir, de la classe du primaire au groupe de recherche en intelligence artificielle.

D’abord, nous aurons plein d’amis Facebook !

Et au passage, nous aurons éduqué tous les Québécois, transformé la francophonie et fait reconnaître la valeur d’un diplôme « made in Québec » partout dans le monde.

Sans demander la permission à personne.

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