Innovation: un laboratoire à l’intérieur de Radio-Canada

On entend souvent les gens déplorer, dans les grandes entreprises, et encore plus dans les grandes organisations publiques, le fait qu’il y soit tellement difficile d’innover : la bureaucratie est trop lourde ; les structures sont trop rigides ; les pouvoir en place sont trop frileux ; les visions à long terme sont trop difficiles à installer ; etc., etc., etc… C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de souligner l’existence, à l’intérieur de Radio-Canada, du Radio-Canada Lab, et de son «accélérateur d’idées», qui fête son premier anniversaire cette semaine.

Le Radio-Canada Lab, pour commencer, se décrit comme « le laboratoire numérique de Radio-Canada », dont la mission est d’ «accélérer la culture numérique au sein de Radio-Canada et, plus largement, au sein de la société». Il a été co-fondé par Xavier Kronström Richard, qui est, depuis plus de six ans, éditeur des contenus numériques à Radio-Canada, et Thomas Le Jouan, chef, recherche et développement numérique, et qui travaille à Radio-Canada depuis huit ans. En 2011 ils se sont mis en frais, en marge AccIdéesde leurs fonctions, de mettre sur pied un laboratoire, afin de faire circuler la connaissance et les idées innovatrices, d’abord à l’intérieur de Radio-Canada, puis, aussi, à l’extérieur. «On revenait de la conférence South by Southwest, où on avait vu plein d’exemples de médias, un peu partout, qui créaient leurs labs, raconte Xavier Kronström Richard. Et on s’est dit: pourquoi ne pas faire la même chose? Se rassembler, faire circuler les idées… Dans un contexte où on entendait surtout parler de problèmes, de coupures, on trouvait que c’était quelque chose d’important à faire.»

Le Radio-Canada Lab a donc inauguré, en juin 2012, sa plateforme, en mettant en relief son rôle à la vois de vitrine, pour présenter les projets web innovants sur lesquels l’équipe travaille, et une tribune pour tous les artisans de Radio-Canada, qui auraient de idées pour en améliorer les plateformes, les contenus et les produits. «Il y a toujours eu des «boîtes à idées», comme dans beaucoup d’entreprises, note Xavier Kronström Richard. Mais c’set en général organisé par départements, et donc ça reste compartimenté. Et à cause de cela, les idées ne circulent pas toujours comme elles le devraient, et elles ne reçoivent pas toujours le suivi, et la visibilité, pour leur permettre de se développer.»

Et donc, pendant ses quelque trois ans d’existence, le Radio-Canada Lab a d’abord organisé divers ateliers et conférences, sur des thèmes liés à l’innovation, comme la façon dont le web change la curation en musique, ou comment faire de la radio virale.

Puis, il y a un an, on a lancé L’Accélérateur d’idées, plateforme numérique qui permet aux employés de «soumettre, de voter et de prototyper leurs bonnes idées dans le domaine du numérique et des technologies». «On a créé des saisons d’idéation qui durent trois mois, en se basant sur le modèle des startup, explique Xavier Krontström Richard. Lors de la deuxième saison, on a reçu une centaine d’idées.» Parmi les diverses idées et problème à résoudre qui ont été soumis, les gens votent, et on choisit cinq projets finalistes, qui seront poussés plus loin.

Une innovation concrète, qui a directement découlé de la première saison de cet accélérateur d’idées, c’est le lancement de Source anonyme, qu’on a décrit entre autres comme la version électronique de la fameuse enveloppe brune : une plateforme de communication sécurisée, qui permet de faire parvenir aux journalistes des documents confidentiels, de façon anonyme, sécurisée et gratuite.

Depuis l’automne dernier, on a choisi deux autres prototypes afin de les accélérer. Ainsi Christian Sylvain, chef technicien, a proposé de mieux de mieux répertorier l’équipement technologique et technique de Radio-Canada, afin notamment de pouvoir mieux localiser en temps réel les pièces d’équipement. Et Marine Fleury, responsable de contenu web pour les sites de la Première a proposé de résoudre le problème de viralité de l’audio sur les réseaux sociaux. Elle prévoit faire une recension des outils existants pour transformer l’audio en vidéo, et monter un plan de travail pour un éventuel outil maison. Dans chaque cas, Radio-Canada met du temps et des ressources à la disposition de ceux qui portent les projets. : «Le fait de réussir ainsi à ce que les gens soient libérés dans leur horaire, pour poursuivre leurs projets, est un de nos grands accomplissements», souligne Xavier Kronström Richard qui, comme le co-fondateur du Lab Thomas Le Jouan, a aussi pu, depuis trois ans, faire allouer une portion de son emploi du temps et un peu de budget, aux activités du Radio-Canada Lab.

Le projet s’est d’ailleurs, assez rapidement, retrouvé parrainé par la haute direction. Et les deux co-dirigeants relèvent directement, pour les activités du Radio-Canada Lab, de Louis Lalande, vice-président principal de Radio-Canada. «C’est vraiment un projet venu de la base, qui est maintenant parrainé par la haute direction, résume Xavier Kronström Richard. C’est une dynamique qu’on n’a pas vu dans beaucoup d’autres médias d’ici.  Et on a réussi à être vraiment pan-départemental. On prend comme point de départ qu’on est tous créatifs, et que tout le monde a de bonnes idées. À terme, on voudrait aussi inclure les idées du public. On veut inviter la population à créer avec Radio-Canada les produits de demain.»

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