Éléments-clé de C2-Mtl : révolutions dans le travail… et éducation à la traîne

Comment, au sortir d’un événement comme C2-MTL, faites-vous l’inventaire de ce que vous avez appris ? De ce que vous avez retenu ? Vous faites-vous une liste de sujets que vous comptez pousser plus loin? De conférencier, dont vous comptez davantage explorer l’œuvre ? Y a-t-il des contacts que vous avez établis, et auxquels vous comptez donner suite ?

En ce qui me concerne, voici les principales choses qui me restent, maintenant que j’ai pris (finalement) le temps de relire les notes que j’avais prises, à la volée. Je réalise que, ce qui surnage pour moi, ce sont de grands thèmes qui, ils me semblent, sont appelés à devenir de plus en plus incontournables.

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Et vous ? Que retenez-vous de C2-MTL? (Crédit photo: Arianne Bergeron) 

Je remarque, en même temps, que ce sont des thèmes auxquels je portais déjà intérêt au départ. Alors, soit je suis visionnaire dans ma façon d’identifier les enjeux, soit je représente une preuve de plus du fait que, dans de telles conférences, on est naturellement attiré vers les thèmes qui nous intéressent déjà, et que, chez les conférenciers et dans les activités, on dégage les aspects qui nous interpellent davantage. Je pense, honnêtement, que c’est un peu les deux…

Voici donc deux premiers thèmes, parmi ceux que j’ai particulièrement ressortir.

Le monde du travail est en train de changer de fond en comble

C’est mon dada au départ, une de mes grandes préoccupations, pour de multiples volets : la disparition des emplois à vie, des façons de faire traditionnelles; la montée du travail autonome; la nécessité pour tout le monde, désormais, de penser comme un entrepreneur; et la nécessité, en même temps, de réfléchir à de nouveaux types de filet social, pour tout ce monde qui n’a plus accès à des avantages comme une assurance-salaire, une assurance-santé (et invalidité), un congé parental… ; le décloisonnement (avec de bons côtés oui, mais pas toujours pour le mieux non plus…) des frontières entre le travail et le loisir; les nouveaux designs de bureaux, l’absence de bureaux fixes, avec tout ce que ça entraîne…

Par rapport à cela, j’ai bien l’intention de pousser plus loin mes recherches sur ce que fait la designer A.J. Paron-Wildes, qui travaille avec la firme Allsteel  (vue le premier jour sur la scène secondaire, celle du Grand Chapiteau), pour réfléchir aux nouvelles façons d’organiser des espaces… En plus du fait que les nouvelles réalités du travail – et notamment la façon d’organiser les bureaux – m’intéresse, j’ai été particulièrement touchée par le fait que A.J. Paron-Wildes a mentionné le fait qu’elle travaille avec des autistes. D’une part, oui, pour voir à les intégrer, mais aussi, parce que les autistes aident à réaliser que tout le monde ne voit pas les choses de la même façon, et que tout le monde ne réagit pas de la même façon aux environnements… En faisaint un peu de recherche, déjà, j’ai découvert que Mme Paron-Wildes est elle-même mère d’un (grand) garçon autiste; elle en parlait davantage dans cette conférence-ci. Comme j’ai moi-même un garçon qui se situe, comme on dit « dans le spectre de l’autisme », pas étonnant que ça me touche particulièrement…

J’ai aussi été interpellée par ce que mettait de l’avant David Manela (le 2ième jour, toujours sous le Grand Chapiteau) , chef des revenus de Fiverr , plateforme qui met en contact les gens qui offrent des services, et ceux qui en cherchent… Quelques éléments qu’il a fait ressortir :

-Le système (social, scolaire et institutionnel,etc.) ne bouge pas au rythme des changement qui se produisent. Il y a une lacune, et une opportunité, pour créer un système de soutien pour les travailleurs autonomes.

-Avec la mobilité, la possibilité d’être connecté, etc. les barrières émotionnelles et fonctionnelles entre le travail et le reste de la vie ne cessent de s’estomper.

-De plus en plus souvent, des employeurs préfèrent travailler avec des contractuels, des ressources temporaires, que des ressources à temps plein.

-Les milléniaux, qui représentent maintenant la génération la plus importante sur le marché du travail, préfèrent en majorité (69%) la flexibilité à la perspective d’un emploi à temps plein, basé sur le « 9 à 5 ». Ce qui représente un changement majeur dans la réalité du travail.

-On doit fondamentalement changer notre attitude face au travail. Alors que, depuis des siècles, on le considère de façon pas très positive. À la fois à cause de notre héritage judéo-chrétien (le travail est le prix à payer pour avoir péché et s’être fait chasser du paradis) avec en plus, pour les anglo-saxons, la culture calvinistes (« on ne fait pas ce qu’on aime, on fait ce qu’on est supposé de faire»)…

-On doit fondamentalement changer les façons de penser l’éducation. Wikipédia, qui n’existait pas il y a seulement 15 ans, est venu détrôner l’Encyclopedia Britannica (au point que les plus jeunes ne savent même plus ce qu’est une encyclopédie). L’accès, en ligne, à l’information, a changé la donne, et il faut s’ajuster. Les dettes d’études, notamment, apparaissent de plus en plus comme un non-sens. « Les gens s’endettent aujourd’hui, en prévision de demain, mais en réfléchissant comme hier», a souligné David Manella.

– Il y a des opportunités pour développer des systèmes de soutien social, à l’intention des entrepreneurs et des pigistes. Pour créer un filet de sécurité.

Ceci dit, pour ce dernier point, ce n’est pas ce que fait Fiverr pour l’instant, si on en juge par le contenu de son site web. Est-ce que cela existe quelque part, des pistes pour relever ce défi ?

Le monde de l’éducation n’est pas prêt

On vient d’en avoir un aperçu dans mon point précédent. Et pourtant, ce ne sont pas les possibilités qui manquent. Mais qui fera la jonction entre les institutions en place, et les possibilités qui se développent à un rythme incroyable ?

Voici quelques citations de Sébastien Turbot, curateur et directeur du World Innovation Summit for Education (WISE) entendu le premier jour, aussi dans le Grand Chapiteau (décidément…). « Le système d’éducation a été conçu en fonction d’une époque où les gens devaient faire des tâches répétitives. Mais… 60% des employeurs ont désormais des problèmes à trouver ce dont ils ont besoin; alors que, par ailleurs, des millions de gens sont sans emploi. Les gens vont maintenant occuper de 10 à 14 emplois différents dans le cours de leur vie. Ils vont faire des jobs dont on ignore encore tout aujourd’hui. Des éléments comme les robots vont continuer de venir tout bouleverser. On a besoin de considérer davantage les universités comme des lieux de créativité. Pour l’instant, trop de scolarité devient l’équivalent de trop d’apprentissage qui n’est pas pertinent.»

Voici aussi quelques extraits du panel sur le thème de l’apprentissage, animé par Christine Renaud, co-fondatrice de la plateforme E-180 (plateforme très intéressante, je ne vous dis que ça. Et créée à Montréal) et auquel prenaient part Christopher Baer de Marriott International, Harold Jarche, de Jarche Consulting, et Ulla Luukas, de JAMK University of Applied Science (en Finlande !) :

«La seule façon de vraiment apprendre, est de faire des choses. L’apprentissage commence quand il y a de l’implication.» «L’apprentissage est la nouvelle commodité. La définition de l’échec, c’est l’inaction.» «Le travail, maintenant, c’est d’apprendre; et apprendre, c’est du travail, c’est cela, le ‘job’. Je fais des parallèles avec le fait d’élever des enfants : quelque chose comme du ‘temps de qualité’, ça n’existe pas. Il y a du temps, qu’on consacre à quelque chose ou quelqu’un; point.»

Je vais assurément poursuivre cet « auto-debriefing » sur mon expérience à C2-MTL. Notamment, sur les changements générationnels, et sur le monde des médias et de l’information.

D’ici là : et vous ? Que retenez-vous de C2-MTL ? Y a-t-il des thèmes en particulier qui vous ont frappé ?

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