Une nouvelle vision de la retraite… et du travail

Le Journal de Montréal publie depuis environ 3 semaines, et jusqu’au 9 février, une série d’articles intitulée « Retraites de rêve», où on nous présente les histoires, très diverses de gens qui se sont ménagé une retraite. Et, on ne parle pas forcément ici de gens qui ont gagné à la loterie ou fait fortune d’une façon ou d’une autre… Mais surtout, les histoires sont incroyablement diversifiées. Au point qu’on peut se demander si le mot « retraite » peut encore s’appliquer.

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La série du Journal de Montréal: des « retraites » bien peu conventionnelles…

Oui, il y a des histoires un peu plus classiques… et encore, classiques comme en 2017. Les projets de retraite ont bien changé, par rapport à ce qu’on voyait il y a encore 20 ans. Il y a par exemple cet homme de 63 ans qui, bien que disposant de moyens modestes, réussit à vivre 6 mois dans le Sud . D’autres se consacrent enfin à temps plein à qui a toujours été leur grande passion, que ce soit la danse ou les motos.

Mais d’autres cas fracassent carrément toutes les idées qu’on pouvait se faire en lien avec un supposée retraite. Sur le plan de l’âge, d’abord. Peut-on parler de retraite pour quelqu’un qui a 37 ans  ? Même si la personne en question vit aux iles Fidji depuis déjà plusieurs années, avec la volonté affirmée de ne pas travailler, ou si peu…

Il y a aussi des gens qui, dans toutes sortes de tranches d’âge, ont radicalement changé d’occupation, mais sont loin de l’inactivité ou du « loisir à temps plein». Comme ce couple qui fait du travail humanitaire au Burkina-Faso, et cette coopérante qui s’implique au Congo. Même ce retraité du gouvernement qui s’est établi en Thaïlande, notamment pour se faire plaisir en jouant au golf, s’implique auprès d’un organisme d’adoption. Dans d’autres cas, on pourrait même parler de changements de carrière. Ainsi, ce contrôleur aérien, qui se retrouvait dans une sorte d’impasse au point de vue travail, vit maintenant de sa passion pour alpinisme en donnant des conférences. Et cette ancienne gestionnaire chez Desjardins se trouve aujourd’hui heureuse et comblée en gérant un restaurant.

Je trouve que tout cela soulève énormément de questions, pas seulement sur la notion de retraite en elle-même, mais aussi sur notre rapport au travail. C’est quand même drôle de voir que le fait de gérer un resto est une « retraite de rêve» pour l’une, alors que c’est sans doute, pour bien d’autres, un quasi-esclavage dont ils rêvent de s’évader… le jour de leur retraite. L’ex-contrôleur aérien qui donne des conférences travaille bel et bien… mais en mettant à profit ce qui le passionne. Et puis, c’est rafraîchissant de voir comment certaines personnes ont décidé de se consacrer à des causes. Et d’ailleurs, il n’y aurait pas forcément besoin d’aller à l’autre bout du monde pour cela.

Avec tous les bouleversements qui touchent au monde du travail (changements constants, automatisation, robotisation et pertes d’emplois, etc.), il y a là toute une série de réflexions à poursuivre, sur l’avenir du travail et sur sa nature même : qu’est-ce que cela signifie au juste, « un travail »? Quelle est la meilleure façon, pour chacun, de s’occuper ? Et de contribuer à la société ? Et, en fonction de tout cela, comment réfléchit-on aux modes de rémunération ? Et au filet de sécurité social, par exemple?

Qu’en pensez-vous ?

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Un commentaire

  1. une réflexion très intéressante dans le monde dans lequel nous vivons

    plusieurs emplois sont appelés à changer radicalement dans les années à venir, comme cela est le cas depuis des années et des décennies

    que fait-on quand les emplois disparaissent, par exemple, quand les autos deviendront vraiment automobiles et autonomes, qu’il n’y aura même pas besoin de chauffeur… qu’arrivera-t-il aux chauffeurs de camions et de taxis

    il faudrait réfléchir aux moyens de diminuer graduellement le temps que l’on passe à travailler et apprendre à vivre dans une véritable société de loisir

    dans une société semblable, la retraite prendrait une toute autre signification

    comment gérer une augmentation des heures de loisir disponible chaque semaine, des vacances plus longues

    voir le premier chantier, le temps, des cinq chantiers pour changer le Québec, que l’IRIS a lancé plus tôt cette semaine à l’UPop : http://www.upopmontreal.com/hiver-2017/cinq-chantiers-pour-changer-le-quebec/

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